Film en cours de production
Film historique du bandit d’honneur Ghjuvan Camellu Nicolaï
Ce film est une tragédie méditerranéenne où l’honneur est une prison invisible. Ghjuvan Camellu n’est pas un héros romantique mais un homme broyé par des règles ancestrales. Le masque qu’il porte pour survivre devient le symbole d’une identité fragmentée, jusqu’à la mort.
Synopsis
Ce récit raconte l’histoire de Ghjuvan Camellu Nicolaï et d’une vengeance familiale en Corse au XIXᵉ siècle. Son frère Napoléon enlève Catalina Lanfranchi selon la tradition des « scapadicce » pour obtenir l’accord de son père pour leur mariage. Malgré le retour de la jeune fille, son père Lisandru Lanfranchi porte plainte et menace Napoléon. Un jour, dans la forêt de l’Ospedale, Lisandru tue Napoléon et brûle son corps. Arrêté puis jugé, il est finalement acquitté en invoquant la légitime défense.
Ghjuvan Camellu Nicolaï décide alors de venger son frère. Après une première tentative ratée, il tue Lisandru le 14 juillet 1884 à Porto-Vecchio, puis se cache dans le maquis pendant cinq ans. Condamné à mort par contumace, il mène pourtant une vie relativement libre, se déguisant souvent pour circuler à Ajaccio.
Plus tard, une riche Américaine fascinée par les traditions corses tombe amoureuse de lui et lui propose de l’aider à quitter l’île. Mais en 1888, lors d’une fête familiale où il s’est rendu déguisé en femme, il est trahi. Découvert en tentant de fuir, il est abattu par les gendarmes.
Petite vidéo de présentation pour ceux qui n’ont pas le temps de regarder la version complète de l’acte I :
Test acte III , reconstitution du navire de la milliardaire Americaine d’apres la photo d’un bateau à quai dans le port de Calvi au 19eme siecle. Le texte de la chanson est celui du Lamenti écrit dans le maquis par GHJUVAN CAMELLU.
E n avant première l’Acte I du long métrage « GARDE-TOI , JE ME GARDE »
Nouvelle version du film suite à la découverte d’un document unique datant de plus d’un siècle
Le premier scénario, ainsi que la réalisation de l’acte I, s’étaient nourris de multiples écrits issus de sources diverses. À mesure des recherches et des recoupements, une évidence s’imposait pourtant : la plupart de ces récits semblaient trouver leur origine dans l’ouvrage de l’historien, journaliste et romancier Jean-Baptiste Marcaggi, Bandits corses d’hier et d’aujourd’hui, publié en 1932.
Arrière-petit-neveu de Jean-Camille Nicolai, j’avais grandi avec une confidence transmise au sein de la famille. On disait que mon arrière-grand-tante Marguerite, l’une des sœurs de Jean-Camille, avait consigné dans un cahier le récit des événements tels qu’elle les avait vécus et entendus, à l’abri des légendes, des embellissements et des déformations que la mémoire collective impose parfois aux destinées exceptionnelles.
Et puis, comme surgi des profondeurs du temps, le miracle se produisit. Mon cousin Pierre retrouva, parmi les archives conservées par ma tante Suzanne, ce cahier écrit depuis plus d’un siècle.
Dès l’instant où mes yeux se posèrent sur ces pages jaunies, l’émotion fut immédiate. L’écriture elle-même, avec sa lenteur, sa grâce et ses tournures venues d’un autre âge, semblait porter la voix des disparus. À chaque phrase découverte, à chaque mot déchiffré, un autre paysage se levait devant moi. Une autre histoire apparaissait, plus intime, plus humaine, plus vraie. Celle que j’avais lue dans les livres, avec ses figures héroïques et ses images convenues, se fissurait peu à peu jusqu’à s’effondrer.
Je compris alors qu’il me fallait renoncer au film que j’avais commencé à bâtir. Un autre récit m’appelait. Désormais, les soixante-quatre pages du cahier de tante Marguerite deviendraient le fil secret et la colonne vertébrale de l’œuvre. Dans leurs moindres détails, elles guideraient le chemin du film et l’éloigneraient de la légende façonnée par la littérature, laquelle avait peut-être contribué à enfermer Jean-Camille dans la figure emblématique du bandit d’honneur.
Entre la légende et la mémoire, entre le mythe et la parole familiale, une voix ressurgissait enfin du silence des générations. Et c’est cette voix, fragile et précieuse, que le film choisit désormais d’écouter.